Bon, sur le sujet des kayaks gonflables, une ou deux autres adresses, pi une anecdote.
Ceux qui m'ont fait rêver quand j'étais tout petit, les klepper allemands, utilisés par les commandos, adaptables à toutes situations même voilables pour les plans d'eau avec du vent. J'étais tombé sur un, en 1975, dans une vente de garage. La moitié du quart du centième du prix. Acheté. Amené sur le pouce au Mont-Tremblant. Monté en me grattant la tête pendant trois heures. Moustiques, mouches noires. Je n’ai jamais réussi à le monter pour en faire quelque chose qui ressemblait à un kayak. L’ancêtre du kit IKEA, quoi.
http://www.klepper.com
Repris et amélioré par Feathercraft, à Vancouver. Le copieur a largement dépassé le maître. Apparus il y a une quinzaine d'années, ils me font saliver chaque fois que je les vois. Le tissu largement supérieur au Klepper. La forme aussi. Les détails. Mais "pourquoi", je me demande à chaque fois ? Pourquoi si cher, pourquoi si lourd, pourquoi si long à monter. J’ai résisté à cause du prix. Puis maintenant, je rajoute dans mes pourquoi: En quoi ça serait mieux qu'un Alpaka raft? Je résiste encore. Le prix aidant encore à résister. Mais j'imagine que s’il fallait prendre un avion de ligne pour aller faire une rivière en kayak quelque part au monde, je me laisserais tenter. Ne mettez pas le vôtre sur LesPacs au quart du prix, parce que je l'achète. Même si je ne savais pas quoi faire avec.
C'est eux qui fabriquent les rafts pour Alpaka. Ils en ont sorti un aussi, un raft gonflable, sous leur propre nom. Un raft à ramer, comme du genre que je ne connais pas.
http://feathercraft.com/
et
http://feathercraft.com/inflatables/baylee.php
Et une anecdote...
J'étais sur le mont Royal, à m'arracher les poumons pour essayer de faire fondre ma bedaine, dans les escaliers d'en haut. Avec un copain, qui est présent aussi ici sur les ailes. Mais moins que moi, qui exagère. On a la même bedaine, d'ailleurs. Peut-être qu'on devrait arrêter d'essayer de la faire fondre. On s'ouvre l'appétit dans les escaliers, puis ensuite on va s'empiffrer.
Anyway, on avait fini nos exercices à la con. On redescend. Proche de la grande statue, il y a activité humaine. Un groupe de personne, des bébelles qui trainent. On est fouineu, mon copain et moi. On s'approche. Je vois un kayak gonflable, du matériel de camping, un type derrière une table....
- Salut Louiis !
( Hé ben!,, Yves Laxforêtt !! Le premier québécois à avoir posé le pied à l'Everest. En 91 )
- Salut Yves ! De kessé que tu fais là ? Kessé tu deviens ?
- Je donne mon temps dans un genre d'école de plein air, dans l'ouest, pour aider du monde à progresser dans le plein-air.... et dans leurs vies
- Pi ici, tu fais quoi ?
- Je pars faire le mont Hope...
- C'est difficile cette montagne ? ( Avec Yves, faut lui tirer les vers du nez. Un type humble, effacé, qui fait de grandes choses, de grandes expéditions tout autour du globe)
- Oui...
- Pourquoi ?
- L'approche...
- Yves, cibole, conte-moi un peu sans que je te sorte ça mots à mots..
- Ok , louis: on l'appelle le cauchemar des alpinistes, cette montagne. Une végétation tellement dense en approche qu'on a de la misère à marcher. Il n'y a pas de sentiers. Un enfer de pluie. Bon, jamais aussi dangereux que les autres que j'aie faite, rien à voir avec l'Everest ou l'Aconcaga. Mais tough sur le moral.
- C'est où ?
- En Colombie-Britannique.
- Dangereux?
- Pas vraiment. Juste dur à vivre. Pluie forte, végétation dense, puis le sommet.
- Pourquoi ?
- Pour Leucan. C'est les 25 èm de Leucan. Tu sais Leucan a accompagné des centaines de familles dans le malheur du cancer d'un enfant. Elle a aussi beaucoup donné à des centres de recherches. Maintenant, c'est presque terminé, de perdre des enfants aux mains de cette saloperie. On a monté cette expé pour eux. Ils ont toujours besoin de toute la visibilité qui soit. Mon coeur est avec eux...
( Je me suis senti petit. Malgré ma grosse bedaine, je me sens toujours petit devant les vrais grands. Ça fait tout drôle de se sentir petit quand on est si gros... )
- Puis aussi, Louis, parce qu'on chuchote que le vrai sommet du mont Hope n'a jamais été fait. Le Charity, oui, juste à côté, mais le Hope, il y aurait une petite chance que je sois le premier humain à y déposer le pied.
( J'ai regardé son équipement, comme ça, pour faire diversion à ma petitesse. Il y avait un affreux kayak gonflable. J'ai toujours détesté les kayaks gonflables. Du dehors, ça parait super bien, mais c'est gonflé du dedans. Il n'y a plus de place du dedans une fois gonflé. Si on veut de quoi de gonflé, ça s'appelle un pneumatique. Et il y avait des morceaux en PVC. Cent fois moins fort que du polyuréthane. Avec une drôle de forme, plein de trous d"évacuation dans le fond du kayak. Quelque chose que j'aurais pensé être une cochonnerie )
- Pourquoi le kayak Yves ?
- Pour redescendre. On va redescendre en kayak par la rivière Incommapleux...
- La quoi ?
- La Incommapleux. Pas étonnant si tu ne la connais pas, personne ne l'a jamais descendu. Trop difficile d'accès.
- Quelle classe ?
- Grosse. Mais je ne peux te dire exactement les détails. Moi je m'occupe de la partie ascension. Mon chum Michel s'occupe de la partie rivière. Moi je n'y connais pas grand-chose. J'ai passé ma vie à grimper, pas à pagayer. D'ailleurs, je vais t'avouer que l'eau et moi, on ne s'entend pas très bien...
- Dry suit ou néoprène ?
- Je ne sais pas, c'est Michel qui s'occupe de ça...
J'ai regardé encore le kayak. Maudine que je n'aurais jamais le courage d'embarquer là-dedans. Mais je n’ai jamais eu le courage de grimper plus haut que cinq marches d'un escabeau. J'ai voulu lui dire. Pour le kayak, j'entends. Mais pourquoi ? anyway, c'était son chum qui s'occupait de ça, et moi, les kayaks gonflables, j'ai tellement un préjugé contre.
On s'est serré la main. En se regardant dans les yeux. Parce que Yves, il vous regarde toujours dans les yeux quand il nous serre la main, comme s’il cherche à y voir un meilleur paysage.
- Bon ben à plus, Yves...
- C'est ça, Louis, à plus...
Je n'ai jamais revu Yves. Personne ne l'a jamais revu d'ailleurs, après cette descente de l'Incommapleux. Ils ont fait le sommet du mont Hope, mais sur la redescente, kaput. Un torrent. Un torrent rempli d'arbres, de branches, de rouleaux, de chutes.
Ils n'ont jamais retrouvé les corps. Leurs vestes de sécurité, si, bien bouclées dans le vide. Les corps, jamais. Ils ont pourtant cherché longtemps, avant d'abandonner.
Salut Yves. Je suis honoré de t'avoir serré la main. La main d'un Grand. Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de se sentir petit..
Louis
L'histoire:
http://www.radio-canada.ca/nouvelles/In ... n-rb.shtml
http://www.espaces.qc.ca/espaces/html/a ... es50.shtml
