toxedo_2000 wrote:mrenaud wrote: C'est mon avis.
Mais c'est pas le mien. Il n'y a pas d'accidents répertorié au Québec qui met en cause la langue française.
Les opposants à l'utilisation de la langue française dans les communications aériennes utilisaient souvent le principe suivant: Si je ne comprends pas ce que dit le contrôleur, dans une autre langue, aux autres pilotes, je n'aurai pas l'idée d'ensemble de la situation de trafic et je ne pourrai évoluer en toute sécurité. Une idée que semble partager mrenaud.
Je travaille depuis plus de 28 ans en contrôle aérien, et je peux vous affirmer que les situations de trafic, dans un environnement contrôlé, sont beaucoup trop complexes pour qu'un observateur en vol, qui doit aussi voler son aéronef, puissent les suivre dans le temps et l'espace.
Le point de Toxedo2000 en dit long, malgré toutes les prédictions des opposants au français, et si vous écoutez M Livingston, vous vous rendez bien compte qu'il ne veut pas l'admettre, aucun accident n'a été causé par l'utilisation du français dans les airs. On peut même supposer que certaines situations dangereuses ont été évitées parce que le message était clair dans la langue usuelle du pilote.
Sur plusieurs forums, lorsqu'il est question du français dans l'air et de son potentiel de danger pour les pilotes et les passagers, et lorsqu'un opposant mentionne que le principal danger réside dans le fait qu'il n'a pas l'idée générale de la situation, parce que la moitié des conversations sont dans une autre langue, je démontre par un malheureux exemple, l'absence de fondement de leur théorie:
Février 1991, Los Angeles, un B737 de USAIR contacte la tour de LAX établi sur l'ILS de la 24G. Peu après, la tour autorise une Métroliner de Skywest en position 24G. Plus d'une minute plus tard, le B737 est autorisé à atterrir piste 24G. Ni le contrôleur de la tour ou les pilotes du 737 ou l'équipage du Métroliner ne se sont rendus compte qu'il y avait un avion en position sur la piste alors qu'un avion allait atterrir, et ce même si toutes les communications ont été faites sur la même fréquence radio et dans la même langue, soit la "langue internationale de l'aviation", l'anglais. Malheureusement, le Métroliner s'est retrouvé sous les roues du 737 et 34 personnes ont péri.
Devrait-on suite à cet accident, proscrire l'usage de l'anglais dans l'aviation? Je ne fais pas cette suggestion, mais il faut comprendre qu'en aviation, rien n'est à 100% sûr, toute est une question de combien de situations, ayant un potentiel de danger, se produisent en même temps et que peut donner l'addition de ces risques. Il est maintenant prouvé, depuis 1976 au Canada, que l'utilisation du français dans les airs n'est pas un risque, mais probablement une amélioration.
Notre société a beaucoup changé en très peu de temps, à peine une génération. Au niveau de l'utilisation de langue, de l'émancipation de la femme, de l'accession aux études supérieures, jusqu'à l'ouverture sur le monde, par les voyages, l'Expo 67, les Olympiques puis finalement l'immigration. Tant de choses se sont produites, qu'il est parfois difficile, collectivement, de se rappeler de la situation qui existait avant ces luttes et ces progrès. Des émissions comme "Tout le monde en parlait" permettent de parfaire l'éducation des plus jeunes et des nouveaux arrivants, afin qu'ils comprennent et réalisent le chemin parcouru...
Mais là, je crois que je suis rendu pas mal loin de l'aviation...
