L'armée reconnaît une faille de sécurité dans son système de transmission des données. Les vidéos envoyées par les drones aux bases terrestres ne sont pas cryptées, afin d'accélérer l'acquisition des contenus. Une imprudence commise sciemment : les autorités américaines avouent être au courant depuis les années 1990, mais ne pensaient pas que leurs adversaires pourraient l'exploiter.
Des éléments clés de la stratégie américaine
Il n'existe pour le moment aucune preuve que les insurgés puissent pour autant contrôler les drones ou perturber leur vol. Mais le piratage leur permet de les traquer et d'en suivre la progression. Les combattants irakiens peuvent dès lors localiser les bâtiments, les routes et les infrastructures placées sous la surveillance de l'armée. De quoi réduire à néant une partie de la tactique américaine en Irak. Utilisés depuis la guerre de Bosnie, en 1995, les drones n'ont cessé d'accroître leur influence dans la stratégie militaire des Etats-Unis. A tel point que 36 % du budget 2010 de l'aviation militaire leur seront exclusivement consacrés. Ces appareils ont l'immense avantage de pouvoir intervenir sur des terrains très sensibles sans mettre en péril la vie d'un pilote. Si les drones constituent des armes de choix dans la campagne irakienne, ils sont aussi présents en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Et tout indique qu'ils pourraient également être victimes de piratage.
Face à cette menace, l'armée américaine a décidé de réagir. Elle assure travailler sur une nouvelle technique d'encryptage des données. Problème : la mise à jour du système de transmission implique non seulement d'ajouter de nouvelles pièces aux appareils déjà en circulation, mais aussi de revoir en profondeur l'ensemble des réseaux utilisés par l'armée en Irak ou en Afghanistan. La faille n'est donc pas près d'être comblée. D'autant plus que l'armée américaine vient tout juste d'acquérir 375 drones Reaper, qui coûtent chacun entre 10 et 12 millions de dollars. Et bien que ces appareils soient dotés d'une technologie dernier cri, leurs données peuvent être piratées toujours aussi facilement…"
Ahurissant...


