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Danger dans les air?

Posted: Tue 30 Mar, 2010 14:24
by pilotguide
Santé des navigants : les radiations ionisantes attaquent l'ADN des pilotes de ligne.
mercredi 10 décembre 2008 :: CANCER :: Alerter la modération

Le métier de pilote de ligne fait souvent rêver. Pourtant ce métier n’est pas une promenade de santé au sens le plus littéral du terme, notamment à cause de l’exposition des pilotes aux rayonnements cosmiques. Des rayonnements qui font courir un risque de cancer.

La décision prise il y a quelques semaines d’allonger la durée de travail des personnels navigants avait provoqué la colère des professionnels concernés.

Sur ce blog, j’avais consacré un article aux effets sanitaires pour les personnels navigants des vols à haute altitude et des décalages horaires perturbant les sécrétions hormonales.

Une nouvelle étude, publiée dans la revue Occupational and environmental medicine (OEM) et publiée le 11 décembre 2008 va sûrement donner un peu plus de grain à moudre à ceux qui s’inquiètent de cet allongement de la durée de vie professionnelle des pilotes de ligne.

Les auteurs, qui appartiennent à l’Institut national de la santé des Etats-Unis et à la société américaine du cancer se sont donc intéressés aux effets des rayonnements cosmiques auxquels sont exposés les pilotes.

Pour cela, ils ont composé deux groupes. D’un côté donc, des pilotes de ligne de grandes compagnies aériennes américaines, 83 hommes âgés de 37 à 55 ans.
De l’autre, cinquante enseignants de l’université située dans la même ville que celle où résident les pilotes.

Les deux groupes sont comparables en termes d’âge, de statut social, de corpulence, de consommation de tabac et d’alcool. 78 % des pilotes avaient un passé de pilotes militaires.

Les deux groupes ont eu une prise de sang. Les chercheurs ont alors analysé le contenu des globules blancs présents dans les échantillons.

Ils se sont précisément intéressé à l’ADN contenu dans le noyau de ces cellules, un ADN constitutif des 23 paires de chromosomes.

Par des techniques très sophistiquées, ils ont « peint » les chromosomes. Le but était de chercher des modifications, ce qu’on appelle des translocations.

Il s’agit de petites cassures sur un ou plusieurs chromosomes. Ces cassures peuvent être « équilibrées » s’il s’agit d’un échange de matériel entre deux chromosomes.
Mais la translocation peut aussi aboutir à un ajout d’un bout de chromosome sur un autre.

La translocation est un phénomène anormal et qui va aboutir à la mort des cellules qui en sont atteintes. Car ces translocations mettent en contact des genes dont la collaboration peut aboutir à la formation d’un cancer. Tant que le système de surveillance est opérationnel, ces anomalies ne sont pas tolérées par notre organisme. Mais, parfois, la vigilance est moindre et ce sont les cellules cancéreuses qui dépassent le système de protection.

C’est ce qui se passe, par exemple, dans la leucémie myéloïde chronique où on retrouve un échange de matériel entre deux chromosomes.

Globalement, la comparaison des translocations entre les deux groupes ne montre pas de différences significatives.
Mais quand on ne s’intéresse qu’aux pilotes, la biologie apporte des résultats assez particuliers et qui doivent retenir l’attention.

On s’aperçoit, en effet, que la fréquence des translocations s’accroit avec le nombre d’années de pilotage, six pour cent par année supplémentaire et quand on classe ces années par tranche de dix ans, la fréquence augmente de 81 % par tranche décennale.

La fréquence des translocations est 2,6 fois plus élevée dans le groupe ayant le plus d’heures de vol par rapport à celui qui en à le moins.

Les personnels navigants et les pilotes en particulier sont exposés à des radiations cosmiques qui, avec des avions qui volent de plus en plus haut, ont des effets non négligeables. Ce sont des rayonnements de type neutrons, des rayons gamma, mais aussi alpha et des protons.

On a constaté, dans plusieurs études, un excès de mélanomes malins chez les pilotes, qui n’est pas du, comme le pensent certains beaux esprits, aux séances prolongées de bronzage autour des piscines d’hôtels.

Certaines autres tumeurs, notamment des leucémies, ont été mises en évidence en excès également.

Mais, hormis les mélanomes, les autres résultats sont assez inconsistants, en raison des faibles nombres de sujets impliqués dans les études.

Même imparfaite, même faite sur un nombre peu élevé de sujets, cette étude indique encore une fois le besoin de mieux surveiller celles et ceux qui sont exposés aux rayonnements ionisants lors de leur exercice professionnel.

Paradoxalement, la mise aux normes européennes va entrainer chez nous le passage de deux à une seule visite médicale annuelle.

Il faut donc espérer que les études épidémiologiques dans ce sens vont finir par décoller.




Référence de l’étude :

L C Yong et al.

Increased frequency of chromosome translocations in airline pilots with long-term flying experience
Occup Environ Med 2008. doi:10.1136/oem.2008.038901


Commentaires :: Ajouter un commentaire
1. Le vendredi 12 mars 2010 à 16:04, par JD Flaysakier

Je transmettrai à EF, dont j'ai l'adresse e-mail les messages des personnes intéresées par les mesures de protection qu'il évoque.

2. Le vendredi 12 mars 2010 à 14:45, par RF

Et pourtant les compagnies aeriennes savent qu'elles ont des obligations depuis 2003.
Des syndicats sont actuellement sur le sujet pour obliger ces mises aux normes.
Je suis moi même dans une compagnie aerienne et personne compétente en radioprotection.
.

3. Le jeudi 7 janvier 2010 à 22:02, par AC

Bonjour à tous

Je viens de prendre connaissance de cet article suite a mes recherche concernant les conséquences sur la santé des rayon ionisants.
Mon mari est pilote de ligne il a 36 ans et est atteint d'un cancer rare de l'abdomen. Aucun antécédent familial, solide comme un roc, sa maladie peut être fatale...
Les niveaux de vol était régulièrement entre 35 à 45 000 pieds d'altitude pour environ 950 Heures par an pendant plus de 8 ans... Il croisait souvent de aurores boréales suite d'éruptions solaire je crois, très chargé en rayons ionisants...
Si vous pouviez me donner des infos ou contacts susceptibles de nous aider vous nous seriez d'un grand secours...
En vous remerciant pour votre aide
Bien a vous



4. Le mercredi 29 juillet 2009 à 15:54, par Anonyme

Vous ne devriez pas vous en moquer des pilotes. Ce sont eux qui ont votre vie entre les mains lorsque vous prenez l'avion Madame !

5. Le mercredi 25 mars 2009 à 15:37, par le parisien

excellent comme article et surtotu a diffuser le plus largement possible afin de faire changer les choses dans notre metier et ce avant qu il ne soit trop tard

merci encore de votre article
le parisien
8000 hdv au dessus de 33 000 ft


6. Le mercredi 11 mars 2009 à 21:47, par JD Flaysakier

REPONSE A ANONYME :



Je ne crois pas que votre diatribe s'adresse à moi, ai-je tort ?

Je pense que cet article montre que la santé des navigants m'interesse au plus haut point.

Pourriez vous me dire qui vous visez ainsi , anonymement, hélas ?

7. Le mercredi 11 mars 2009 à 21:40, par Anonyme

Ton commentaire est tout simplement honteux...
COmment peux tu ecrire de telles choses ?? tu te fous que les pilotes et PNC qui sont exposés a des maladies professionnelles loin d'etre benines... et tu nous parles de ton petit confort quand tu dois rester assis pendant 6h sur ton Paris New York ??!! Nous ne devons pas avoir la meme vision des choses??
Tu es exposé aux radiations en tant que passagers ?? Laisse moi rire, combien d'heures passent tu en moyenne dans l'avion par an ??
30, 40, 50 ?? pour moi c'est entre 750 et 1000 heures...
Voila pour la reponse
et qd on entend ce genre de discours, ca ne donne pas envie de mieux te servir!

8. Le mercredi 11 mars 2009 à 21:02, par JD Flaysakier

REPONSE A CORSAIRE :

Les études s'accumulent en effet mais, sans doute du fait que les compagnies aériennes étaient nationales et pas de très grande taille, aucune étude européenne d'envergure n'a réellement jamais été lancée, me semble-t-il.



J'espère que cela viendra afin de pouvoir mesurer vraiment ce qui se passe et savoir s'il y a lieu, ou non, de s'inquiéter.Les observations laissent à penser qu'il y a un excès de cancers du sein et de mélanomes et autres cancers cutanés.



Il faut se donner les moyens de vraies études épidémiologiques à la méthodologie indiscutable pour pouvoir montrer une association entre le nombre d'heures de vol, les décalages et la survenue de ces pathologies.

9. Le mercredi 11 mars 2009 à 19:38, par corsaire breton

Mon cher Jean-Daniel,
Tout ce que vous exposé est malheureusement vrai.
Mais ceci est tabou comme les études de la NASA qui ont abordé le sujet.
Un quarteron d'imbéciles ayant eu une activité aérienne relativement faible a exercé un lobbying efficace sans aucune réactions des organisations syndicales (ou presque!). C'est suicidaire!
Il en va également de même cette loi scélérate du 11 janvier 2005 autorisant les pilotes féminines enceintes de continuer à voler jusqu'à la 26ème semaine de grossesse. Un vrai délire!
Malgré un avis plus que réservé des sommités françaises de gynéco-obstétriques, le décret d'application de loi a été adopté joyeusement avec l'approbation de quelques "suffragettes" au mépris d'études sérieuses sur les risques encourus par le foetus et la future maman.(Pour rire(enfin pas vraiment!): des études sur le sujet avaient été menées par ce "bon docteur" Mangele à Dachau en 1943,et c'est tout!(c'est pas des blagues!).
Je suis toujours halluciné de voir qu'au nom d'une vague notion de discrimination, une minorité impose ses vues à la majorité avec l'aide de vieilles badernes dont on ne peut pas dire qu'elles soient perturbés par les rythmes circadiens (Voir l'assiduité des séances de nuit) .
Un moratoire s'impose au non du bons sens à moins que par cynisme, l'état veuille régler à sa manière ,avec la tacite approbation des employeurs le petit deficit structurel de la CRPNAC,dont la réforme n'attends plus que sa signature.
(CRPNAC: Caisse de retraite du personnel navigant de l'aviation
civile)
Corsaire Breton
Commandant de Bord
15000heures de vol-45ans-



10. Le lundi 9 mars 2009 à 15:53, par Fanny

Je suis très heureuse de lire votre article! Je suis hôtesse de l'air et je vole depuis 10 ans. Je me suis arrêtée de voler pendant 1 an, et j'ai vu beaucoup de navigants, au sol, atteints de maladies (leucémies, cancers, dépressions, problèmes de fertilité...). Tout cela est inquiétant, et nous avons le sentiment que personne ne s'en souci! Il est utile de préciser que nos rythmes, depuis quelques décennies, se sont accélérés. Juste un exemple: nous pouvons effectuer jusqu'à 4 décollages/atterrissages par jour.
Si des études ont été faites, pourriez-vous nous les communiquer? Merci beaucoup de relancer le sujet!

11. Le dimanche 8 mars 2009 à 18:30, par neohp :: site

Bonjour,

Enfin un article bien documenté sur le sujet. Merci pour les precisions que vous apportez et votre objectivité.

Bien cordialement

jerome

12. Le mercredi 11 février 2009 à 17:37, par JD Flaysakier

REPONSE A ANONYME :

Je vous propose de m'écrire à l'adresse suivante :

jean-daniel.flaysakier@france2.fr



13. Le mercredi 11 février 2009 à 16:44, par Anonyme

j'ai récemment découvert votre article intéressant et pour cause je suis moi meme pilote de ligne actuellement en perte de licence car atteint d'un mélanome malin situé sur le trajet du nerf trijumeau avec pour conséquence la perte de la vue sur l'oeil gauche . Votre article m'a fait prendre conscience de la possibilité d'imputabilité au service aérien et recherche actuellement des éléments tangibles ( hormis bien entendu mon passé aéronautique ) à présenter devant la commission médicale qui doit statuer sur mon cas . Merci par avance pour votre réponse

14. Le mardi 16 décembre 2008 à 00:22, par Anonyme

En effet pas de lien, juste un coup de gueule.
Mercis quand meme d avoir laisse ce commentaire.

Viens de lire aussi a l instant avec tristesse le deces de Claude Olivenstein.RIP.
La non plus pas de lien, simplement une pensee pour un humaniste que l on avait quelque peu oublie.
Mercis


15. Le lundi 15 décembre 2008 à 23:50, par JD Flaysakier

REPONSE :

J'ai quelques difficultés à faire le lien entre l'étude racontée ici et vos remarques !

Je ne crois pas que ce sont les pilotes qui composent les menus ou décident de l'espace entre les sièges.

16. Le lundi 15 décembre 2008 à 20:50, par Therese

Et les passagers dans cette affaire;dans l avion, un air vicie, de la malbouffe,des avions sales, passagers tasses comme des sardines, servis comme des chiens! et il n est pas dit que les pasagers eux aussi soient exposes aux radiations!
alors l ADN des pilotes de ligne, moi je m en moque. Heureusement il est interdit de fumer dans les avions, c est la seule bonne chose quant a l amelioration du transport aerien.

Posted: Tue 30 Mar, 2010 15:15
by 47guy's
Bon et alors!

Si ton but est de reproduire des textes venant de ne je sais où (comme tu as fait sur Avcanada) on fait quoi après.

Guy

Posted: Tue 30 Mar, 2010 21:03
by pilotguide
C'est clair il me semble. Je voudrais savoir si il ya lieu de s'inquiéter ou non. Je parle pas à propos des voyageurs qui eu sont très rarement exposés mais bien du personnel navigant. Enfin à lire ce texte que j'ai trouvé sur un site ca l'air très alarmant. Est-ce dangereux à ce point? J'ai même copier en bas de l'article la réaction de supposés navigants.