Salut.
Très bonne initiative que de demander cette question.
Le plan d'eau miriottant est selon moi la condition la plus vicieuse qu'un pilote de brousse puisse rencontrer.
Bien oui tout est calme...souvent après un bon leg aussi calme, alors notre éveil n'est pas à son meilleur.
Je demeure a proximité d'un ptit lac ou le miriottant compte pour 50% de mes amerrissages.
J'y ai développer ma technique mais par contre il y a qu'une seule vraie technique.
Une fois que tu as bien identifier ton lac et sa condition tu dois juger quel sera la meilleur approche qui te permettera aussi une remise des gaz sécuritaire.
Tout comme tous nos amerrissages, tente d'identifier les obstacles , hauts fonds, pointes qui avances...
Ma technique...
En fin de finale toujours au dessus des arbres rendu au seuil du lac,
Je tente d'être le plus près des arbres et ou du rivage.
Ce sont des repères visuels qui nous permettent toujours de bien évaluer notre hauteur. Je garde ma vitesse de descente légèrement plus basse qu'a la normale.
Passé le dernier arbre, je plonge durant 1-2 secondes seulement soit d'environ la moitiée de la hauteur des arbres, j'augmente alors ma vitesse, ensuite, je débute mon arrondis et me positionne dans une assiette légèrement cabrée avec un peu de moteur.
Je regarde en avant pour voir les obstacles mais je me fie beaucoup à ma vision de coté et j'évalue ma hauteur avec les arbres tout proche et avec le rivage. Parfois mon ombre peut aussi me servir de référence.
Je mets un 50-100pi/m de descente puis avec un 5-10 mp/h au dessus du décrochage je tiens fermement mon manche et j'attends...
Parfois le contact ne se fait quasiment pas ressentir et il ne faut surtout pas relâcher le manche car on peut facilement planter du nez..
D'autre fois on y fait un contact plus franc, notre faible vitesse va faire en sorte qu'au contact de l'eau on ne pourras pas rebondir.
La vraie méthode: Est de toujours tenter de ne pas être trop loin d'un rivage.
Car c'est une bonne référence visuelle et aussi sécuritaire, si l'on se plante on ne sera pas trop loin pour rallier la terre ferme avant que l'hypothermie nous gagne.
Donc toujours en arrivant avec un minimum de hauteur par rapport aux arbres, on affiche notre vitesse d'approche légèrement en dessous de la normal soit pas trop loin du décrochage mais bien sécuritaire.
On cabre le nez pour obtenir une assiette bien positive.
Taux de descente en bas de 150-200 ft/min. Ailes droites, bille droite, petite puissance obligatoire afin de maintenir notre assiette et pour combattre la drague des volets.
Tu attends et regardes devant toi en évaluant la longueur du lac qu'il te reste, demeure alerte et patiente, anticipe...cherche une mouette un canard...ne te laisse pas hypnotiser par le reflet du ciel ou des arbres dans l'eau.
Après environ 5-10 secondes si le contact n'est pas fait; Puissance doucement, affiche un taux de monté positif et recommence.
A éviter: Tenter de se poser au milieu d'un grand lac.
Arriver trop vite et avec un taux de descente supérieur à 400 ft/min.
Des histoires de gars qui ouvrent la porte et lancent leur ceinture de sécurité afin d'avoir un repère visuel te seront raconté...laisse ces histoires d'où elles proviennent. La ceinture te sera plus utile sur toi que dans la flotte.
Trucs: Faire décoller des canards ou mouettes et se fier à leurs petites vagues, mais elles disparaissent rapidement.
Amerrir proche d'une embarcation son sillon brisera le mirroir...et l'embarcation te sera un bon repère.
Demande au pilote de l'autre appareil qui est avec toi, d'y aller en premier, tu pourras ainsi te fier à son sillon ou à son épave.
L'amerrissage sur ce petit lac à truite en montagne fut probablement le plus difficile que j'ai effectué. Approche difficile due aux montagnes.
Mirroittant en malade, lac pas long, peu de rivage, lac inconnu, arbres qui se reflètent dans l'eau et mon chum qui capotte et qui me demande d'y aller en premier alors qu'il me suit de proche.
J'ai utilisé la vraie technique ce coup-là.
Ici une approche au camp à Gaston qui n'était pas de tout repos.
Connaissant son lac, j'ai utilisé la technique du rapprochement du rivage et de la descente style B-747 ...Durant toute cette fds là, ce fut miroitant à toutes les fois...
La petite ile à gauche fut mon point de seuil de piste et mon dernier bon repère visuel .
Bob
