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atterissage de nuit

Posted: Mon 24 Dec, 2007 14:22
by bushpilot-180
Suite à une suggestion, j`ai créé un nouveau tread au lieu de le laisser au milieu d`un autre...


Parlant d`atterissage sur flotte de nuit, je vais vous racontez quelque chose qui m`est arrivé au mois de septembre.

Un samedi après-midi, je recois un coup de fil d`un de mes ami qui est propriétaire d`Heli-Tremblant. Une de ses connaissances viens de lui téléphoner en lui disant que la belle-mère d`un de ses amis est à l`hopital depuis le vendredi soir et quelle a fait une série d`infarctus et elle va très mal. Son mari est à la chasse à l`orignal dans le coin de Parent et tous le monde souhaite qu`il soit à son chevet au plus vite advenant qu`elle ne passe pas la nuit de samedi.

Comme c`est un très beau samedi d`automne, Heli-Trenblant est booké jusqu`au oreille et ne peux pas faire le vol allez-retour Parent. Mon ami me donne le # de téléphone du gendre en question, il est environ 1:30pm a ce moment là, et je le contacte pour prendre rendez-vous. Nous convenons de décollez vers a 3:00 pour Parent. A 3:10 JER décolle du Lac Des Sables et direct le Lac Decelles. Le lac ou nous allons n`est pas sur les cartes aviation mais mon copilote(le gendre) à une carte topo 1:50000(si je me souviens bien...).Après 10 minutes de tournage en rond, je trouve le lac et je me pose au plus vite.

Les gens qui chassent à cet endroit ont formé un genre de club privé qui comprends 5 camps réparti sur un territoire d`environ 20km carré. Nous sommes acceuillis en grande pompe par plusieurs personnes qui connaissent très bien mon copilote(il chasse régulièrement avec eux depuis 20 ans) et ils sont démolis d`apprendre la raison de notre venu...

Rapidement, le gendre part en VTT pour allez chercher son beau-père qui est à son camp 6-7 km d`ou nous sommes. Il est environ 4:20. Je reste au camp avec les épouses des chasseurs qui me font du café frais et j`attends le retour de mes passagers. Le soleil se couchait à 6:40 ce jour là alors j`annonce à tous le monde qu`il faut décoller à 5:45pm maximum.

environ 1 heure plus tard, pas de nouvelle, je décide d`allez à leur rencontre...Avec le pick-up d`un des chasseurs, nous nous rendons au camp du beau-père, ils viennent d`arriver il y a seulement quelques minutes...

Ca fait beaucoup d`informations en peu de temps pour le beau-père qui est abasourdis. Le monsieur à 70 ans , quelques livres en trop et cardiaque en plus...La bouteille de nitro à la main, il monte dans un camion et nous repartons vers l`avion. Nous decollons à 6:20pm, direct Ste-Agathe, ¨pedal to the metal¨. Heureusement, le vent à virer et il est maintenant de dos...quelques minutes de sauvées! Le soleil se couche a peu près 20 minutes apès notre départ et le vent faiblit de plus en plus, comme le ground speed. Comme de raison, il fait de plus en plus noir et j`arrive à Ste-Agathe environ 40 minutes après le coucher du soleil, c est la nuit!!!

La ville de Ste-Agathe entoure le Lac Des Sables et les lumières des maison reflète sur l`eau. Je les vois très bien parce qu`il n`y a aucun vent...Tabar*(?*%, glassy water en plus! Je fais un approche nord qui me permet d`avoir un taux de descente faible et la plus grande ligne droite possible sur le lac. Flap 20 degré, vario -200fpm, 70 mph et go, ont y va!

Le moment le plus compliqué a été rendu a environ 10-15 pieds au dessus de l`eau, je n`avais aucune référence pour juger ma hauteur, j`ai alors arrondi et attendu que ca touche. Ce n`a pas été mon meilleur amérrissage mais considérant les circonstances, je l`ai quand même trouvé pas si pire que ca!

rendu au quai, mes passagers sont descendus et se sont dirigé directement à l`hopital. Je ne sais pas si la dame a survécu mais je sais qu`ils étaient tout les 2(les passagers) très reconnaissants. Je ne me suis pas mis riche avec ca, je crois que les 250$ que je lui ai demandé n`ont même pas couvert l`essence...mais ce n`est pas grave, après y avoir réfléchis, j`ai même regretté d`avoir prit cet argent. Le fait d`avoir peut etre permit à quelqu`un de passer un dernier moment avec sa femme vaut bien plus pour moi que 250$...

Maintenant le bout moin drôle...affronter ma blonde qui ne pilote pas mais qui a quand même une bonne idée de la définition du mot nuit! J`ai eu beau lui expliquer que les lumières était très visibles et qu`il faisait beau...rien a faire, elle était en CAL*&?&. Probablement avec raison. Étant elle même médecin, elle comprenait qand même mon obstination à vouloir revenir le soir même.

Le lendemain soir, à la même heure que je m`étais posé la veille, j`ai été estomaqué combien il faisait noir debout sur le quai...C`était moin pire assis dans l`avion!

Je n`avair pas l`intention, avant ce matin, de raconter cette histoire sur un forum de discussion un jour mais bon, il y juste les fous qui ne changent pas d`idée!!! Si par hasard il y a quelqu`un de Transport Canada qui lit cette histoire et qui voudrait suspendre ma license, j`ai une demande spéciale: le mois d`avril ferait mon affaire, mon mécano fait mon annuel et mon change-over ce mois là alors je ne vole pas...


Joyeux Noël à tout le monde!!!

BUSHPILOT

Posted: Mon 24 Dec, 2007 15:36
by Elvis_vivant
Étant donné que tu connaissais le lieu de l'amerrissage, je trouve que c'était un risque très bien calculé et pour une bonne cause. Cent fois bravo ! :D

Si quelqu'un de Transport Canada ose suspendre ta licence pour ça, je lui souhaite d'avoir un malaise près d'un lac en fin de journée avec un hydravion acosté, le pilote lui disant : "Malheureusement, je ne peux pas : c'est interdit par Transport Canada de voler la nuit en hydravion." :wink:

Posted: Mon 24 Dec, 2007 16:08
by CFYD
Ho est-ce que les puristes vont sortir . . .

Moi je te dis bravo, tu as écouté ton coeur et tu savais que tu étais dans ton range . . . oui il y a une question de reglement, mais tu as surement fait une TRÈS bonne action ce soir-là . . .

Aujourd'hui, des gens pensent assurément beaucoup de bien de toi . . . tu as aidé des gens à se réunir peut-être une dernière fois . . .

Je ferais un parralèle avec ton histoire, souvenons-nous quand Bob_Cadi est allé sur le lac glacé pour sortir un type de l'eau . . . Il n'y a pas de loi contre ça, mais son coeur et sa conscience lui ont dit de le faire, il a été dans son range et a réussi à sauver la personne . . .

Que dire de plus que bravo ! ! !

Au lieu de rester assis, vous avez agi au nom de vos convictions, de votre conscience, de votre coeur et de votre esprit d'entraide . . . cela vous honore . . .

Personnellement je te félicite d'avoir une décision de la sorte, tu as peut-être permis à eux être de se voir une dernière fois . . .
Bravo à toi

Posted: Mon 24 Dec, 2007 19:25
by djipibi
à l'huere où je lis ça, je dirais presque que c'est l.équivalent d'un conte de Noël.

Un jour me faudra faire quelques photos de ton hydraskis.... :wink:

Posted: Mon 24 Dec, 2007 20:12
by Bob Cadi
Bien.
Comme certains pilotes de brousse ici présents, on sait ce que c'est que de se poser sur une surface d'eau qui est noire comme du Goudron avec aucun paysage de référence.
Une tonne de ''bonnes raisons '' peuvent nous forcer malgré le bons sens a prendre une telle décision...
Avec de l'expérience, de la chance, une bonne connaissance de notre appareil et: certains repères visuels : Lampadaires, lumières de quai, feu sur le rivage, pleine lune...on peut mettre plus de chances de notre coté, on prend soin de bien noter notre altitude affichée avant le décollage en espérant que la pression n'aura pas trop variée pour notre retour...

Personnellement, j'ai vécu des amerrissages vraiment nocturnes dans le nord sans aucune assistance de lumières à part me poser face au reflet de la pleine lune sur l'eau... Si un nuage avait recouvert la lune durant ces quelques secondes critiques j'aurais préféré céder ma place au premier venu.

Ce genre d'amerrissage c'est comme jouer à la Roulette Russe, tu as plus de chances de t'en tirer mais si l'erreur se produit elle risque vraiment d'être fatale pour toi, tes passagers ou d'autre personnes.

La nuit, il y a des obstacles que l'on ne peut voir: Une bouée de limitation de vitesse, un gars en pédalo avec sa blonde en promenade romantique , un pêcheur de barbotte avec sa 12' à rames, un ponton qui fait du parking...des roches flottantes et souches, les fils électriques lors de l'approche...etc...

Alors l'oeuvre de bienfaisance peut se transformer en drame vraiment regrettable.
Personnellement, je suis aussi un peut trop '' Aventurier '' face aux dangers. Je suis donc très mal placé pour juger ton acte qui s'est heureusement bien terminé. je ne peut que faire part des risques qui peuvent être présents.

Cependant c'est fort bien d'en parler, car nos interventions vont aider à bien éclaircir ce coté obscur de la brousse et je l'espère bien, en décourager le plus possible.

Kisti que les dernières secondes avant la prise de contact sont longues...très longues...trop longues :cry:
Image

Bob :oops:

Posted: Mon 24 Dec, 2007 21:01
by bushpilot-180
Tu as bien raison Bob...brave rime avec cave!!!

Quand j`étais en finale, je me disais que si je n`étais pas sur un lac que je connais comme le fond de ma poche , je serais dans la marde jusqu`au cou. Pas de roche, de quai flottant...ca simplifie la tache quand tu connais le coin...

J`ai en stock 2-3 autres histoires d`épais que je ne me suis pas encore décidé à raconter ici...mais ca va surement venir!

J`ai lu quelque part que quand tu commence à piloter, tu as un sac rempli de chance et un sac d`expérience qui est vide. L`idée, c`est de remplir le sac d`expérience avant que le sac de chance soit vide!!!

Je me suis rendu compte avec le temps que le sac d`expérience n`est jamais plein plein au bord, il reste toujours quelques choses à apprendre.

FLY SAFE

BUSHPILOT

Posted: Tue 25 Dec, 2007 09:59
by Bob Cadi
Parmis tes 2-3 autre en stock, tu en a sûrement une: Pogné au dessus des nuages ou une autre dans une averse, ou le lac, le ciel et l'horizon ont tous la même couleur et ou ton gauge à gaz crie famine :twisted:

Ce que je trouve difficile en aviation, c'est que souvent les plus grosses épreuves arrivent lors de nos débuts soit dans nos 200 premières heures de vol.
Notre manque de connaissance de jugement et d'expérience est alors compensé par notre chance.
Ceux qui ont beaucoup de chance, s'en sortent sans aucunes égratignures.
Un peut de chance, se plantent mais s'en sortent après une perte totale.
Et ceux qui n'ont pas de chance, n'auront jamais la chance de se servir de leur expérience.
Je crois qu'une bonne partie de notre formation se fait un écoutant les récits des '' Caves '' qui ont passer de mauvais moments et qui s'en sont sortis.
Quand je pense aux pauvres pilotes de brousse qui ont du composer avec des cartes imprécises, quand ils en avaient, avec peut ou pas de communication, le rapport météo qui se limitais au temps actuel et à ce qu'un pilote arrivant d'une ride pouvais raconter. A la pression des patrons qui te montraient la pile de candidats pour prendre ta job.
A la course au premier qui pouvais se rendre là ou les prospecteurs le demandais. L'aviation n'étais pas un loisir mais une job comparable aux pêcheurs de Crabes d'aujourd'hui.
Mais par contre...
On pouvais avoir espoir de pouvoir piloter un , un Hurricane, un Spit, un Harvard, un Avenger, un Beaver flambette à 0 time.
On n'allais pas à chasse avec un .12 mais bien avec un P-51 :shock:
C'étais l'époque des grosses cylindrées, des décibels, des hp, de l'huile qui pisse de partout. Yahou, l'essence ne coutais pas cher.
Après cette époque, certains appareils sont encore ici pour nous
témoigner leur vécu, malheureusement la majorité de leur pilotes ne peuvent nous le raconter.

L'hiver est long.
Bob.

Posted: Tue 25 Dec, 2007 10:18
by Georges
En effet chacun de nous connais des expériences qui permettent d'alimenter les conversations de garages. Il reste que l'expérience çà vient avec nos erreurs et nos bons coups. Il existe une petite marge que je m'efforce de ne pas dépasser de façon à ne pas être limite avec l'utilisation de mes supers habiletés. En cas de doute je m'abstiens et ceci me permet de continuer à pratiquer le merveilleux sport de l'aviation. Bien sur, il y à eu des moments pendant certains vols qui ont fait que j'avais les fesses serrées mais il semble que le sac de chances avait encore du contenu pour me permettre de passer à travers ces circonstances plus difficiles. Après 29 ans de vols fréquents et 4000 heures dans le ciel je suis reconnaissant des bons et des plus stressants moments passés aux commandes.Georges

Posted: Tue 25 Dec, 2007 11:43
by sierra
Conversation de garage Hi Hi c'est vrai ça Georges. je pense que l'aviation ces le seul sport que je connaît ou il y a autant d'histoire à raconté :lol: Pis vous savez pourquoi?? Parce-que chaque vol est pas pareille au précédant :D

Serge :D

Posted: Tue 25 Dec, 2007 11:53
by Frank-Mtl
Ha bin dis donc...

Bob, j'pensais pas que mon p'tit commentaire ferait jaser autant... :lol:

J'trouve ça correct, de pouvoir partager nos expériences ainsi.
Bushpilot nous a confié son expérience et nous nous sommes tous reconnus. Car même si son histoire est unique, nous avons tous "étiré le lastic" un peu fort à un moment donné. Et comme le disait Georges, on se serre les fesses et souhaite que le "sac à chance" ne soit pas vide.

L'important, c'est d'avoir la lucidité de le reconnaitre et de ne pas recommencer. À force de tanter le diable, on fini par se bruler... :evil:

Frank

Posted: Tue 25 Dec, 2007 15:34
by D T A 582
Cette histoire est tres touchante. La décision était la bonne.

Posted: Tue 25 Dec, 2007 17:50
by Georges
En relisant ton aventure avec ton passager J.F. je crois que dans la circonstance je me serais abstenu car une série de choses sont arrivé qui lançait le message de faire le retour le lendemain. tout c'est bien terminé et je te félicite pour ton courage. Par contre si les choses auraient mal tourné tu aurais été blâmé par plusieurs et tes assurances auraient hésité à payer la réclamation. Le pilote est toujours celui qui prends tout sur son dos. Il est seul maître-à-bord et il en subit les conséquences. Chapeau quand même et de nombreuses heures de vol plus faciles dans les années à venir. Georges

Posted: Tue 25 Dec, 2007 18:16
by bushpilot-180
Tu as raison à 100% George, depuis ce vol là, je souge fortement à faire mon rating ¨flotte de nuit¨!!! :?

Sans farce, je crois que les circonstance étaient parfaites ce soir là et j`avais encore un plan B. J`avais du gaz en masse pour retourner chez Boisvert (ou marina Venise) ou les lumières de Montréal éclairent comme en plein jour.

Avoir eu à atterrir sur un lac ou il n`y aurait pas eu de lumière autour: Mon chien était mort.

Je vais probablement vous écrire demain le pire vol...découlant de la pire décision que j`ai pris depuis que je vole...

Bonne soirée tous le monde

BUSHPILOT

Posted: Tue 25 Dec, 2007 18:48
by Bob Cadi
J'aime bien ce genre d'histoire car c'est dans mon élément favori qu'elle se passe. Et trop souvent on se retrouve dans des cas similaires avec des passagers alors que rien d'essentiel ne le justifie.
Autre exemple :
Risquer la vie de nos passagers en traversant une forte averse, alors que nous sommes en vacances pour aller pogner des poissons...

Je vais donc rajouter un commentaire encore plus terre à terre que celui que j'ai fait plus tôt. Je vais y aller de manière analytique.
Y a t'il eu évaluation des risques et danger = oui.
Étais t'il nécessaire d'affronter ces risques ? Hummm pas si sur...
C'est là que se pose le réel problème. Ethique, emphatie, nécessité, devoir, obligation, responsabilité.

Advenant une mauvaise tournure des évènements, je vois l'avocat des demandeurs demander:
Étais t-il nécessaire voir obligatoire de faire venir le M. au chevêt de sa femme ? Ce besoin valait-il le coup de risquer la vie de 3 personnes ? Les 2 passagers ont-il eu le choix de vivre ou non ? Le pilote s'est accaparé la décision de la vie des 2 occupants.
De plus le gars à 70 ans avec sa nitro, avait la meilleur des occasions pour petter au frette drette là dans l'appareil. Stress, angoisse, age, maladie, aventure périeuse...
Le jeu en valait-il la chandelle ?

La même aventure avec un chasseur de blessé mortellement aurait été plus que justifiée, le Gouvernement du Canada t'aurais remis la médaille du courage ( Bravoure ) pour avoir mis ta vie en danger pour tenter d'en sauver une autre.

Décorations pour actes de bravoure
Contexte
Les décorations pour actes de bravoure rendent hommage aux personnes qui ont risqué leur vie pour essayer de sauver ou de protéger une autre personne. Ces décorations nationales ont été créées par Sa Majesté la reine Elizabeth II en 1972. La Gouverneure générale les remet personnellement lors de cérémonies à Rideau Hall, à Ottawa, ou à La Citadelle de Québec. On compte trois décorations pour actes de bravoure : la Croix de la vaillance, l’Étoile du courage et la Médaille de la bravoure.

Croix de la vaillance
Récompense les auteurs d’actes de courage vraiment remarquables accomplis dans des circonstances extrêmement périlleuses.

Étoile du courage
Récompense les auteurs d’actes de courage remarquables accomplis dans des circonstances très périlleuses.

Médaille de la bravoure
Récompense les actes de bravoure accomplis dans des circonstances dangereuses.

ImageImageImage

Encore une fois, je ne peut porter un jugement arbitraire sur ce cas, ayant trop souvent ''pêcher'' moi-même.
Par contre la société à de besoin de nous et de bons pilotes qui peuvent relever ces défits, suffit de ne pas perdre ces précieux atouts au détriment de causes pas toujours justifiables en terme de nécessité.
P.S. Maudit que ça fait du bien de ressentir les flottes se faire freiner par l'eau. Fiou...
Bob.