Pauvre Michel, t'as la mémoire courte !
Moi je me souviens bien trop d’il y a deux ans.
Tout un hiver pour se préparer. Cueillette des informations. Commande de l’étiquette. Étude m é t i c u l e u s e des instructions. Mémorisation du NOTAM. Dépenses non prévues en attaches d’avion, adhésion à l’EAA, cartes VFR (j’ai pourtant un bon GPS), appareil photo numérique et autres « cossins » qu’on a pas utilisés. J’ai devant moi un cartable de deux pouces d’épais qu’on s’était préparé Maurice et moi.
La veille du départ, on rempli l’avion. On a refait « l’emballage » au moins deux fois pour finalement «garocher » le stock par dessus le tas pi l’attacher comme on peut.
Décollage aux petites heures du matin les yeux à moitié fermés par l’insomnie de la nuit blanche. Incapable de manger quoi que ce soit par le stress de l’enfer qui nous attend. Submergés par les conseils de tous ceux qui n’y-sont-jamais-allés-mais-qui-en-ont-entendus-parlés, accablés par les recommandations des blondes de ne pas aller trop vite ni trop haut (!).
On rejoint un groupe d’étrangers à Drummond Island pour passer la douane. On est prêts. Passeports, cartes d’identité, test d’urine frais sous la main, on atterrit les fesses serrées (c’est vrai que ça fait 3 heures qu’on se retient !). Un p’tit bonhomme nous aide à placer notre avion., Ça y’est, ils confisquent notre avion. il vont nous faire une fouille à nu. Ben non, c’est le douanier. Il n’a pas l’air de savoir ce qu’est un passeport, l’étiquette règlementaire ni une 178. Il ne retrouve même pas le fax expédié quelques heures auparavant l’avertissant de notre arrivée.
On décolle avec la gang, qui sont pas si étranges que ça dans le fond. On se retrouve à Menominee. Du moins presque tous. Y’a un type dans un ti-zinc qui arrive alors que tous ont pris leur douche, fumé trois cigarettes et regardé 23 avions atterrir… On lui donne un break, 5 minutes c’est bien assez non?
Nos supers plans du début ne font plus l’affaire des étranges. Nous, on voulait coucher à Menominee et décoller tôt le matin pour Oshkosh (pour nous donner le temps de stresser un brin quoi). Mais ils sont plus nombreux que nous et ils viennent d’un plus gros village que nous. Alors on suit !
Et on redécolle vers LA destination. Évidemment, rien ne se passe comme dans le manuel. Il n’y a pas un chat dans le circuit (pourquoi tant d’heures de pratiques dans FS2004 ?). Ça ressemble pas du tout au nid de guêpes qu’un des étrangers nous avait décrit comme l’apocalypse.
Tout ça pourquoi ?
Un ramassis de p’tis avions. Des avions de guerre, des Pipers de type Cessna parkés en rangées d’oignons, des vieilles réguines datant des années 30, d’immenses moteurs avec des ailes pliantes pour les porte-avions. Des affaires qui auraient dû voler mais qui n’ont jamais levé d’un pouce.
Des C-17 et des Cirrus que j’ai déjà vus à Québec. Un marché aux puces ou j’aurais pu dépenser une petite fortune, etc.
Il y a même un coin pour les chaises volantes. J’y ai passé un après-midi. En plus, ils ont l’air d’aimer ça.
Le coin des hydravions. Rien à faire là !
Il fait chaud, il y a parfois des orages, il y a du bruit et il faut coucher sous la tente. La nuit vous savez, Maurice comparé à un B-52, c’est aussi bruyant qu’un chaton qui ronronne. Et je ne vous parle pas de la bouffe. Un déjeuner d’américain obèse qui coûte 2,00 $. Des cochonneries pour dîner et pour finir, il fallait marcher 30 minutes pour aller souper toute la gang.
Au bout de quatre jours, j’étais saturé et j’avais hâte de retourner au boulot. Je n’avais plus le courage de visiter tous les sites où je n’avais pas été en mesure de mettre les pieds. Alors on s’est tapé le retour dans la même journée.
Quand j’y pense : 15 heures de vol au total pour aller manger des gras-trans et voir des avions ; Trois-Rivières n’est qu’à 20 minutes de Québec pour à peu près le même résultat à une fraction du coût.
T'es vraiment désolé Michel ?
Paul
PS Michel : Qui de l’équipe 2004 sera de la partie ?