OLemieux wrote:(et je ne prétends pas être avocat),
Moi non plus, Olivier.
Mais ça n'enlève en rien à la justesse de ton interprétation. Ni à la pertinence de ton incrédulité devant tant de liberté. La preuve ? Les avocats non plus ne s'y retrouvaient pas, dans ces deux causes. Mëme les juges tout le long de la route vers la cour suprême ont interprété les lois avec une vision différente du dernier jugement. Le tribunal administratif de la commission du territoire agricole, le juge de première instance, les juges de la cour supérieur du Québec. Tous se sont penchés du bord ou ça ne se pouvait pas que les lois n epermettent pas au municipalités et aux provinces de pouvoir légiférer sur "leurs territoires" en cette matière. Ils trouvaient insensé qu'une municipalité ne puisse pas empêcher l'établissement d'une base d'hydravion pour faire des tours aux touristes avec un décollage aux cinq minutes sur un lac prévu pour la tranquillité, la plaisance, les chalets.
C,est pas que ton interprétation n'a pas de sens. Juges et avocats ont pensé comme toi. Il a fallu aller jusqu'en cours suprême pour trouver des juges pour renverser cette vision. Ca doit pas être une vision si farfelue que ça !
Mëme rendue à la cour Suprême, il y a eu dissidence. Le juge en chef n'était même pas d'accord avec l'interprétation qu'en faisait ses pairs qui siégaient avec elle. Tu n'est peut-être pas avocat, mais tu es du même avis que la juge en chef de la Cour Suprême du canada. Je pense que tu as droit à ton opinion !! Une opinion que tu partages avec le plus éminent juriste du Pays. Et des centaines d'avocats, des centaines de politiciens, et beaucoup, beaucoup de monde. Il ny a rien de farfelue dans cette vision.
Mais, le plus haut tribunal du pays, celui sensé donner chemin et lumières d'interprétation aux cours inférieures, a tranché contre
vous.

L'aviation, en fait son noyau, bref tout ce qui lui permets d'exister, est de compétences fédérales. Afin de la protéger dans tout ce dont elle a besoin pour opérer. Tout ce qui est à l'extérieur de son noyau, en périphérie juridique, comme le salaire des employés qui construisent les pistes, n'est pas de compétences fédérales exclusives car ça ne touche pas la partie aviation de l'affaire. Mais tout ce dont elle a besoin, comme des réservoirs d'essence, du béton hors norme, des portes de hangars immenses, du terrain agricole, de la garnotte nécessaire dans un accès à l'eau, tout ça, elle y a droit sans interférence réglementaire non-fédérale parce c'est ce qui lui permet d'opérer, d'exister.
On parle de la COPA, de Bernard, d'Annabelle, qui était sur la ligne de front pour défendre ce point de vue. Mais un des plus gros joueurs, c'était l'aéroport de toronto. Ils s'étaient invités avec leurs avocats et y avaient un grand intérêt. Pourquoi ? Eux avaient gagné en cour provinciale contre la municipalité de Mississauga. La municipalité, sachant qu'elle ne pouvait légalement restreindre l'activité de l'aéroport, essayait de leurs faire misères en leur demandant d'appliquer certaines règles du code du bâtiment Ontarien lors de la construction des nouvelle installations. Ils auraient été facile ensuite d'y inclure des dispositions qui auraient rendues plus couteuses, ou carrément impossible, les agrandissements projetés par l'aéroport.
La cour d'ontario avait débouté la municipalité en confirmant que toutes constructions aéroportuaires n'avaient pas à suivre de normes provinciales, ou municipales, comme celles du code ontarien du bâtiment.
L,aéroport ne voulait pas perdre ce droit qu'il avait gagné en cours provinciale si la suprême revenait contre l'argument fédéral-only. Car si la Suprême avait été moins complète dans son interprétation sur le fait que l'aviation, et tout ce qui le permet, est de compétence fédérale unique, l'aérport de Totonto aurait pu se faire imposer des reglements municipaux ou provinciaux. Ils étaient donc bien là, avec leurs avocats, pour faire pencher la justice supr^me du bord de l'aviation sans contrainte municipale ou provinciale.
M'est d'avis personnel d,ailleurs, que leur présence a été décisive. Elle mettait en lumière l'impossibilité d'une activité aéronautique au Canada si on laissait les municipalités, ou les provinces, y légiférer de reglements et de tracas. Personne ne veut d'aéroports. Tout le monde s'en servent. Mais on préfère les avoir un peu plus loin, là bas, dans l'autre municipalité à côté, que de l'avoir dans sa cour. Mais pourtant, on en a terriblement besoin. Et tout le monde prend l'avion. C'est sur cette logique qu'il n'y avait pas vraiement d'autres choix à ce jugement.
Ouvrir une brèche dans la protection fédérale concernant l'aéronautique, et mille organismes publics s'y seraient jetées avec diverses et nombreuses réglementations. L'aviation aurait été rendue quasiment impossible. Fallait fermer étanche. La Suprême l'a fait.
Louis