31-01-2008 Date Mémorable!..
Breefing prévue pour 15h00. Vol prévue à 15h30. Je me lève ce matin là avec ça en tête. Wow,.. je vais voler sur le siège de gauche. Ce sera ma deuxième expérience, la première étant le « pilote d’un jour » que ma blonde m’a donné pour mon anniversaire. Mais ça ne compte pas. J’ai pas vraiment piloté. Disons, jouer avec les commandes sans trop comprendre tous ce qui va avec. Les lois, les principes, la compréhension des instruments de bords. Le vent relatif, l’angle d’attaque, les virages coordonnés, bref, tout le kit. Ho oui, j’chui nerveux et fébrile.
Faut dire que mon premier vol d’aujourd’hui avait d’abord été prévue samedi passé (vous avez, ce samedi où il faisait super beau, gros soleil, super chaud, pas un nuage et pas un brin de vent… ça vous revient?.. ) À cause de mon rush au bureau. J’ai travaillé toute la journée en regardant dehors et en sacrant comme un bucheron.
L’avant-midi passe comme un pet au bureau, j’chui dans le gros jus (comme d’habitude). Et là, le principe de Murphy me tombe dessus comme la misère sur le pauvre monde. Mon meeting de 11h30 est reporté à 13h00. Outch!.. Tout le meeting tourne autour de mes dossiers, je me dois d’être là. On commence le meeting et le temps passe. Je regarde ma montre aux 5 minutes. Le meeting continue…à 2h00 juste, je me lève en plein milieu du speech d’un de mes collègue et je m’exclame : -J’chui vraiment désolé, mais faut absolument que je quitte pour une urgence!.. Je m’excuse, on m’excuse et je saute dans mon auto direction Trois-Rivières. La nervosité est à son comble. J’étais pas nerveux la première fois, mais là, je le suis pas mal,.. Trop même… Et si la chienne me pogne?.. Si la nervosité, le stress et la chaleur se combine et me tortille les entrailles au delà du gasket de mon estomac. J’ai pas vraiment envie que mon jeune prof voit la poitrine de poulet que j’ai mangé ce midi pendant le meeting s’envoler et retapisse les murs du cockpit. La paranoïa m’emporte et j’avale une Gravol, juste pour être sûr, tout en me remémorisant la traumatisante aventure de ma blonde… qui me semble un peu trop contagieuse comme paranoïa.
J’arrive chez Air-Nadeau. Samuel (Le jeunot-prof) est encore en vol avec un des deux autres gars de mon groupe. C’est la première fois lui-aussi sur le siège de gauche. Mais contrairement à moi, il est habitué à l’avion. Il était instructeur-parachutiste avant d’avoir un accident et une blessure au dos, l’obligeant à rediriger sa carrière. Il a décidé de faire son privée et ensuite son commercial. Il veut aller dumper des parachutistes dans les airs, belle continuité.
C’est mon tour!.. (Ouf!.. Juste à y penser pour écrire ces lignes et j’chui encore sur les nerfs…) On s’assoie dans son bureau et avec le dessin du tableau de bords sous la vitre de son bureau, il m’explique tous les boutons, révise les cadrans etc… on fait 1 ou 2 jokes et on s’en va vers l’avion. Un Cessna 150 C-FTPX. Il m’explique l’inspection visuelle. À -10 degrés, un vent de 15-20 Kt, y fait frette!.. Mais je m’accroupie sur mes jeans ultra-frette quand même pour vérifier tous les points qu’il m’indique. Pas de place pour tourner les coins ronds. Je m’applique sans me forcer. Vérifie le gaz, les volets la structure etc. Tout est Ok!.. On embarque dans le 150. Je plogue pour la première fois les écouteurs que je me suis acheté sur Ebay pour 100$. C’est des SkyLight SL900. Je les ai achetés en me disant que c’est juste assez pour le cours et que j’investirais plus après mon privée. Je pourrais toujours les prêter à mes passagers. Je les plogue en me disant : – Faut qu’ils marchent comme il faut pour pas avoir l’air con devant le jeunot… Faut qu’ils marchent… Envoye!.. Juste un coté fonctionne… Shit!.. je tourne les boutons de contrôles en regardant mon prof… je gosse, je gosse et soudain, le son entre de plus en plus à mesure que je tourne un des deux boutons. C’est beau!.. Je comprends le principe et le casque fonctionne. Même qu’il fonctionne drôlement bien selon l’essaie de mon prof.. – Ça équivaut à des Navcom. Me dit Samuel. Pas de la haute gamme, mais très acceptable comme headset. Je suis soulagé, mon 100$ a été bien investie et je n’ai pas à me mettre les babines sur un foam de micro imbibée de l’halène et de bave du pilote qui l’a prit avant moi (j’chui un peu dédaigneux pour ce genre de chose..).
Les checks sont fait. Magétos 1, 2, both et Start!.. L’Hélice s’emballe juste assez, selon le 1/8 de trottle que je lui ai donné. Là, un méchant rush d’adrénaline vient de m’envahir. On sort du parking et on taxi jusqu’à l’air d’arrêt. Le prof call le Contrôle. C’est lui qui fera toutes les communications aujourd’hui. On a pas encore touché à ça. Je me fait un scénario dans la tête et je me voit en train de tenter de communiquer avec le Contrôle : -« Heu!.. Allo? Allo? Monsieur?.. On peus-ty y aller là?.. » Ya quelque chose qui me dit que ça doit pas être la bonne façon. On fait un 360 degrés d’inspection visuelle. Demande l’autorisation de s’engager sur la piste. On roule au centre et le prof met les gaz. Ho!... Boy!.. Il m’a prit par surprise. Je suis effectivement bouche-bé devant la monté. On grimpe assez vite, mais pas trop. Juste assez pour me faire un peu capoter avec toutes ces nouvelles sensations.
Un instant, j’chui pas sûr que dans ce melting-pot d’émotions, l’élément « plaisir » y prenne une place prédominante. Le prof me jette un petit regard.. –« Ça vas-tu? » -« Oui-oui!.. » lui dis-je d’une voix serré à peine audible. Ya trop d’information en ce moment. –« On va grimper à 2000 pieds » me dit Samuel. Je sent bien qu’il me parle ensuite et que je dois l’écouter. Mais on dirait qu’une terreur vient de m’envahir et que dans la boite à fuse la switch principale vient de sauter. Je n’entend plus rien et j’ai la chienne. Dans un instant de lucidité, j’arrive à me parler, étant donné que l’autre y arrive pas. –« Hey!.. Quessé que tu fais là?.. Accotes-toi sur ton siège, relaxe, pis enjoy!.. » Je m’accote, ma pression baisse, mes deux yeux gros comme des 2 piasses reprennent une forme plus normale. 1800 pieds. On arrive à 2000, alors on baisse le régime et on redresse l’engin. Un sourire progressif s’installe dans ma face à mesure que la frousse se dissipe. Je me retourne vers le prof ; -« Excuse,.. tu disais?.. » -« Que c’est à toi les commandes »…Et là, le fun commence. On expérimente quelques virages. On grimpe, on descend. On va tourner au dessus du pont, la Kruger nous montre le sens du vent avec toute la steam qui sort des cheminés. Un appel d’un autre avion, c’est beau, on est conscient de la présence de l’autre. Il me fait tester les compensateurs. Dans l’exercice qu’il me fait faire, il me montre un « nose-down » à cause du compensateur mal positionné. Pour le rattraper, il remonte l’appareil qui fait augmenter les G. Ouf!.. Je ne m’y attendais pas. Le plus bizarre des feelings jusqu’ici. Le prof me dit qu’il faudra que je m’y habitue, ça arrive de temps en temps ce feeling. Ok, mais pas aujourd’hui mettons. On se prépare pour la finale. Samuel reprend les commandes pour l’atterrissage. J’en suis quasiment peiné de ne pas le faire moi-même. On se pose comme une fleur et m’impressionne encore en ne roulant que sur deux roues. Il a le temps de m’expliquer que l’on doit avoir plein contrôle de l’appareil sur les deux roues arrières avant de poser la roue avant, ce qu’il fait ensuite. Wow!.. Un Welly de Cessna, c’est cool!.. Je regarde mon prof, qui m’apparaissait peut-être un peu jeune au début, me parrait maintenant d’un grand professionnalisme. Il a sue m’expliquer tout au long du parcourt, les rudiments de mon premier vol qui porte bien son nom; « la familiarisation ». Je reprends les commande pour taxier jusqu’à Nadeau. Je me permets un commentaire sur les palonniers, comment celui de droite est long à réagir à comparer du gauche. Ben Serge!.. On a vue ça dans les premiers courts non?.. C’est à cause de?.. Là il attend une réponse qui ne viendra pas… -« Le couple de l’hélice, Serge!.. ». « Haaa! Maudit câve » que je me dit en continuant de taxier. La prochaine foi, farme ta yeule!.. Dans l’ivresse du moment, ya pus grand loi ou principe qui me viennent à l’esprit. On arrive dans le parking. On arrête le moteur en appauvrissant au max pour ne pas qu’il reste de gas dans les lignes et tout s’arrêtes. Check-list final. Samuel se tourne vers moi – « Et voila!.. » Je me retourne vers lui. Il voit mon grand sourire. Je lui sers la main. –« C’est vraiment super!.. » C’est tout ce que je peux dire pour le moment. On pousse l’avion à sa place, La housse d’hiver, on plogue et bloque, pis on entre en d’dans. Ma face avec un sourire niaiseux me rappelle quelqu’un que j’ai vue juste avant mon vol. Celui de mon comparse de cours… On a la même face. C’est vraiment cool de voler!..
Samuel me donne alors ce qui sera MON log-book. –« Faut que tu entre les heures de vol que tu fais. Aujourd’hui, c’est .9 ». Hein? .9??? Ça m’a parue 15 minutes!... T’es sûr?.. Et c’est seulement là que j’en suis sûr. Ho yes, j’vais l’avoir mon brevet. Même si pour l’instant, les émotions sont tels que je suis loin de me voir en solo, j’ai bonne confiance que ça va entrer peu à peu avec le temps et l’entrainement. Je vous laisse avec les deux premières photos de cette épopée; mon super Log-Book!..
Et mon premier .9...
Vivement bientôt la belle météo pour y retourner!..
Picas