Depuis maintenant quatre ans que je reçois de la formation et qu’on s’entraîne, c’était la première fois que j’avais l’honneur de mettre à profit les connaissances apprises. Le fait de se faire appeler « pour de vrai » apporte un élément différent. Ça pourrait être notre meilleur ami qu’on recherche. On sait déjà qu’il y a des vies humaines en cause.
Donc, l’accident a eu lieu le samedi et j’ai reçu l’appel lundi en soirée pour un départ tôt mardi matin. Nous nous présentons, moi-même comme pilote à bord de C-GDZG, Raymond comme navigateur ainsi que Pierre et Réjean à titre d’observateurs pour la mission.
Tôt dans l’après-midi nous débutons la recherche dans une partie du carré de recherche tandis que les militaires, ceux-ci ont une autonomie de beaucoup supérieure à nos petits coucous, patrouillent une partie plus éloignée du carré de recherche.
- Il faut savoir que les recherches s’effectuent selon une stratégie bien établie qui tient compte par exemple de statistiques sur les chances de trouver l’avion dans tel secteur plutôt que dans tel autre. Évidemment qu’on débute par les secteurs les plus « prometteurs ».
Nos observateurs gardent toutefois un moral d’acier tandis que mon navigateur se démerde avec tous les ti-lacs sur notre chemin (et oui, on utilise à la fois le GPS et la traditionnelle carte !).
- Le travail d’observateur peut paraître facile mais ne nous y méprenons-nous pas. C’est la pierre angulaire de la mission. La formation de près d’un an qu’ils ont reçue fait toute la différence entre regarder et scruter.
J’ai déjà fait quelques exercices dans des régions montagneuses mais jamais conjugué avec une température ambiante de près de 30°C ! Les performances d’un avion dans de telles conditions et à pleine charge sont limitées. J’ai aussi constaté à quel point il est essentiel de bien doser le désir de « descendre » pour voir d’un peu plus près un objet suspect ! La vue de la montagne d’en face nous aide à doser…
Finalement, c’est un Griffon qui les a repérés mardi soir à la brunante. Le pilote et sa conjointe ont eu des problèmes à l’amerrissage. L’avion s’est brisé mais, heureusement, ils s’en sont sortis indemnes. Ils ont marché sur une bonne distance et de ce fait s’étaient passablement écartés du carré de recherche. Le plus important dans l’histoire c’est que ces gens puissent encore nous raconter leur mésaventure.
Pour ma part je m’estime privilégié d’avoir participé à cette recherche. Nous pouvons être fiers de la qualité des exercices et de la formation que nous recevons à la région Québec de SERABEC. J’ai vraiment trouvé désolant que les Saguenéens n’aient pas été en mesure de participer à la recherche par manque d’avion. Ils ont été cependant très coopératifs et accueillants comme à leur habitude.
- J’invite tous ceux et celles qui voudraient mieux connaître SERABEC à venir nous rencontrer ou à communiquer avec le directeur de votre région. On a besoin d’observateurs, de navigateurs et évidemment de pilotes. Certains sont observateurs depuis moultes années (aucune connaissance en aéronautique n’est requise), quelques-uns se qualifient plus tard comme navigateur tandis que d’autres, comme moi continuent leur formation pour piloter pour SERABEC. Quelques-uns en font même une activité de couple.
Ah oui, la paie ! Bien des mercis et des félicitations pour tous. Quelques exercices d’envergue, des recherches réelles, un bon réseau social et la satisfaction d’être prêt à être utile. Pour le pilote, une rémunération qui compense les dépenses de l’avion.
Parlez-en à vos amis.
Paul










